Les facteurs de dégradations

L’action du temps
Les objets vieillissent naturellement, du fait de leur contact naturel avec l’environnement extérieur, même si celui-ci n’est pas directement nuisible : par exemple le bois et le papier jaunissent sous l’effet de la lumière, même faible. Certains matériaux comportent également en eux les facteurs de leur dégradation, comme certains pigments ou vernis instables. Cet effet du temps constitue la « patine » des objets, qui garantit leur authenticité, leur dimension historique : il ne faut surtout pas chercher à y remédier !

L’action de l’environnement
L’environnement direct des objets est le plus souvent leur principale cause de dégradation. Par environnement on entend :

. le climat (température, humidité ou hygrométrie) : l’humidité est responsable de la rouille des objets métalliques, par exemple, c’est pourquoi on les stocke en dessous de 40% d’humidité relative, contre 50-55% pour la plupart des autres objets. Cependant il faut noter que ce sont surtout les variations climatiques violentes qui sont redoutables : elles provoquent par exemple des fissures dans les objets en bois. Le climat est fondamental, car c’est dans un climat mal adapté que se multiplient nombre de facteurs de dégradations : moisissures, insectes...

. la lumière : elle jaunit le papier et le bois, ternit les pigments et colorants. C’est une des pires ennemis des collections graphiques ! C’est la raison pour laquelle l’éclairement est strictement contrôlé en exposition (50 lux par heure, pendant un mois par an pour les textiles et collections graphiques)

. la pollution : elle contient de la poussière, des gaz, des acides dont il faut protéger les oeuvres.

. les infestations : prédateurs et parasites.
Insectes et moisissures sont les pires ennemis des matériaux organiques (textiles, bois, cuirs, papier, végétaux...). Ils altèrent l’objet en profondeur, en creusant (pour les insectes) des réseaux de galeries (parties dévorées par les larves) et des trous d’envol (d’où sortent les insectes parvenus à maturité). Une armoire normande peut finalement tomber en poussière sous les assauts de ces insatiables gloutons.

Les catastrophes naturelles (incendies, inondations...) sont des bouleversements profonds et brusques de l’environnement des oeuvres ; leurs dégâts sont considérables.

L’action de l’homme
On peut différencier les nuisances volontaires (vandalisme) des nuisances involontaires, les plus nombreuses malheureusement : mauvaises manipulations, maladresses, anciennes restaurations qui à terme abîment plus l’objet qu’elles ne tendent à le conserver... Par contre, l’usage qui a été fait des objets avant leur entrée au musée (dans le cas des outils par exemple) crée une usure qui donne son sens et donc sa valeur à l’objet, et fait ainsi partie de la précieuse « patine ».