Giverny, pôle d’attraction cosmopolite

Au début du XXe siècle, Giverny est devenu l’un des sanctuaires de l’impressionnisme. Monet y est installé depuis 1883. Autour de la maison qu’il a acquise, l’artiste a donné forme naturelle à son rêve le plus fou : un jardin foisonnant dans le fond duquel est creusé le fameux bassin aux nymphéas, qu’enjambe un pont japonais. La notoriété grandissante du peintre attire vite dans le petit village une cohorte de peintres, dont les rangs grossissent régulièrement jusqu’au début de la Première guerre mondiale. Le noyau de cette colonie étrangère est surtout anglosaxon (Metcalf, Taylor, Lilla Perry, Butler sont américains ; Farman est anglais). Mais on peut aussi rencontrer sur les bords de l’Epte le chevalet du norvégien Thornley ou celui du tchèque Radimsky. Tous ces artistes n’ont pas forcément travaillé sous influence. Certes l’aura de Monet plane sur la campagne de Giverny, mais le maître du paysage impressionniste ne se pose pas en professeur.