Eugène Boudin

Né à Honfleur, Boudin s’installe dès 1835 avec sa famille au Havre. Il travaille d’abord comme commis chez un imprimeur avant de s’associer en 1844 à Acher, pour ouvrir une papeterie. C’est là qu’il fait la connaissance des artistes de passage au Havre, Eugène Isabey, Constant Troyon, Thomas Couture, Jean-François Millet, qui lui prodiguent encouragements et conseils. Il abandonne peu après le commerce pour se consacrer à l’art. Il se rend à Paris à plusieurs reprises. Il découvre et copie au musée du Louvre les tableaux des peintres flamands et hollandais. En 1850, il envoie plusieurs oeuvres à l’exposition de la Société des Amis des Arts du Havre, qui sont remarquées. Deux sont acquises pour la loterie et le conseil municipal décide de lui accorder une bourse pour trois ans. Il partage alors son temps entre Paris, où il continue ses copies au Louvre, et Le Havre ou Honfleur, à la ferme Saint-Siméon où il retrouve les peintres qu’il a rencontrés au Havre. En 1858, il fait la connaissance de Claude Monet, alors âgé de dix-huit ans, et l’entraîne travailler sur le motif, en plein air. L’été suivant, il rencontre Courbet avec lequel il se lie d’amitié et Baudelaire qui manifeste beaucoup d’enthousiasme pour ses études de nuages. En 1859, Boudin envoie une première oeuvre au Salon, Le Pardon de Sainte-Anne-la-Palud (Le Havre, musée Malraux). Il continuera à y exposer régulièrement à partir de 1863. Boudin vit des jours sombres, dans une situation financière difficile. En 1862, Monet lui présente Johan Barthold Jongkind, dont la sensibilité est proche de la sienne. Pendant les étés 1864, 1865 et 1866, Boudin retrouve sur la côte normande Monet, Courbet et Whistler. En 1868, l’artiste organise une importante vente de ses oeuvres qui remporte du succès. Il sort enfin de la misère. Il commence à voyager fréquemment, parcourant tant la Normandie que la Bretagne, le nord et le sud de la France, la Hollande ou Venise. Il participe à la première exposition impressionniste chez Nadar en 1874. En 1881, Durand-Ruel lui achète soixante peintures et lui propose de réserver les oeuvres à venir. Le marchand organise également plusieurs expositions à Paris et à Boston. C’est la consécration pour l’artiste. En 1886, l’Etat lui achète une première oeuvre, Un Grain (déposé au musée de Morlaix). Boudin s’éteint le 8 août 1898 dans la maison qu’il s’était fait construire à Deauville.