Faïence de grand feu

La faïence dite « de grand feu » est une faïence dont la pâte et le décor sont cuits en une seule cuisson entre 900 et 1000°C.

Une fois la pièce façonnée, au moule ou au tour, elle subit une première cuisson, dite dégourdi. La terre cuite est alors trempée dans un bain d’émail à base d’étain, appelé émail stannifère, qui la rend blanche, opaque et imperméable. Le décor est ensuite appliqué sur l’émail cru soit à main levée, soit à l’aide d’un poncif (papier transparent perforé de trous reproduisant le décor). Seules quatre couleurs provenant d’oxydes résistent à une telle température de cuisson : le bleu de cobalt, le violet brun de manganèse, le jaune d’antimoine et le vert de cuivre.

Au début du XVIIIe siècle, les faïenciers rouennais parviennent à enrichir cette palette en introduisant le rouge. D’abord réalisé avec de la brique réduite en poudre très fine, il estensuite obtenu à partir d’un matériau composé de sable ferrugineux calciné en atmosphère réductrice (privée d’oxygène), le « bol d’Arménie ».