Porcelaine dure

Fabriquée en Chine du Sud dès le IIIe siècle après J.-C. (époque des Han de l’Est), la porcelaine tire son nom d’un coquillage blanc et poli, le porcellana, dont on a longtemps cru que sa poudre composait la pâte.

La porcelaine se compose en fait d’un mélange de silex, de feldspath et de kaolin, ingrédient essentiel qui fait défaut aux Européens jusqu’au XVIIIe siècle. La pâte de porcelaine, moulée dans une forme en plâtre, subit une première cuisson en dessous de 1000°C. La pièce obtenue, fragile et poreuse, est alors trempée dans un bain de glaçure puis à nouveau cuit entre 1300°C et 1400°C. Cette seconde cuisson donne à la porcelaine son aspect final : brillant et translucide. Le décor est ensuite appliqué, enduit d’une couverte brillante, avant d’être cuit à basse température.

La découverte de gisements de kaolin, en 1709 à côté de Meissen, en Saxe, puis en 1768 à Saint-Yrieix-La-Perche, localité voisine de Limoges, introduit la porcelaine dure en Europe. Limoges, Sèvres et les manufactures parisiennes se spécialisent dans cette production onéreuse appréciée des souverains et de la noblesse. Détrônant la pâte tendre, la porcelaine dure se pare de décors floraux, de motifs d’oiseaux dans le goût de l’époque Louis XV et permet le développement d’une large palette polychrome, du rose Pompadour au vert pomme.