Infreville

Commune limitrophe de Bourtheroulde (Eure), elle fut un centre potier jusqu’en 1973.
Ses origines remontent à l’époque gallo-romaine, époque à laquelle on exploite l’argile de la forêt de la Londe.
Le village vit des industries de le terre pendant plusieurs siècles jusqu’à la fin du XIXe siècle : briquetiers, tuiliers, potiers, marchands-potiers, soit un habitant sur trois. Certaines pièces d’exception faites à Infreville possèdent des décorations en relief empruntés au monde végétal : marguerites géantes en forme de soleil, vigne aux grappes de raisin schématisés, fleur de lys, fleur de pissenlit, motif d’artichaut, tous ces éléments ont été rapportés et collés après coup à la barbotine. Le monde animal est aussi une source d’inspiration, notamment la figure hautement symbolique du serpent que l’on peut voir sur des pichets, mais aussi sur des couvercles de fonds baptismaux.
La couleur de la pâte est rehaussée par l’oxyde de manganèse qui produit des tâches de vernis d’un brun violacé. Des oxydes peuvent venir compléter la couleur du vernis et se fondre avec celui-ci. Ces tâches sont savamment disposées par le potier et prennent l’aspect de marbrures, zébrures ou mouchetis.
La qualité et la beauté de certaines pièces telles des fontaines pousseront leurs auteurs à signer en creux ou par ajout de pâte blanche, signature qui se détache sur le fond coloré de l’objet. Jean Guincestre ou Prosper Vittecoq furent parmi ceux –ci et laissent dans la production d’Infreville au XVIIIe siècle des pièces remarquables.