La faïence de Forges-les-Eaux

L’histoire des faïenciers de Forges-les-Eaux est indissociable de celle des familles Ledoux et Wood.
Profitant des riches gisements d’argile parfois déjà exploités avant lui, Georges Wood, un anglais et Isabelle Bagnall, son épouse, créent à Forges-les-Eaux en 1797 une manufacture de faïence fine qui sera concurrencée par plusieurs autres fabriques de faïence rachetées ensuite par les successeurs de Wood, les Ledoux.
Parmi celles ci, l’une va continuer jusqu’en 1856 à fabriquer de la faïence fine alors que d’autres vont se spécialiser dans la faïence plus grossière dite à « cul noir ».
Pour parvenir à abaisser le prix de vente de ce produit, les faïenciers trempent le dos des plats dans de l’oxyde de manganèse qui en cuisant donnera du noir ou du brun foncé alors que l’émaillage du dessus des plats se fait avec un mélange d’oxyde d’étain et d’oxyde de plomb beaucoup plus coûteux sur lequel le décor est posé.
La production de ce type de faïence se poursuivra jusque dans les années 1890 et donnera lieu à des décors naïfs.
Cette production rencontre un vif succès auprès d’un public assez populaire et l’on peut dire, qu’en milieu rural, chaque maison avait un plat de Forges à cul-noir placé, soit sur le vaisselier, soit accroché sur un mur.
En dehors de la famille Ledoux-Wood, il a existé, de l’autre coté de la rue des sources, une autre faïencerie qui est toujours restée indépendante : celle de Jacques Victor Tampico reprise par la famille Bigot. Elle a produit des faïences à cul noir parfois assez proches de celles qui sont fabriquées par les Wood mais aussi des pièces originales parfois humoristiques et de la faïence culinaire caractérisée par sa couleur jaune marbré de brun qui a donné des plats, des terrines, des écuelles et des pots.