La céramique italienne

De par sa position géographie, au cœur de la méditerranée, et grâce à ses relations commerciales privilégiées avec le monde oriental, l’Italie devient, dès le Moyen-Âge, un centre éminent de production de céramiques.
Sous l’influence de la Perse et de l’Espagne musulmane, les villes italiennes produisent de nombreuses pièces utilitaires (plats, vases...) largement inspirées les créations arabo-espagnoles de Paterna, mais aussi de Majorque dont les céramiques hispano-mauresques, fabriquées spécifiquement pour l’Italie, sont désignées sous le terme majoliques, avant que celui-ci ne s’applique exclusivement à la production italienne.

Si les poteries italiennes les plus anciennes (Graffito : dessins grattés ou découpés dans la couche superficielle de la terre, ornés de couleurs brun, vert ou jaune et vernissés) se maintiennent jusqu’au XVIIe siècle dans le nord de l’Italie, la céramique italienne se démarque par l’introduction en Europe de la faïence.
Ce nouveau procédé de peinture sur émail stannifère (à base d’étain), largement diffusé en Orient, se répand en Italie vers le milieu du XVe siècle. Le décor peint à la main, sans retouche possible, suit le procédé dit "au grand feu sur émail cru". La faïence est cuite à près de 1000° C. pendant une durée de 30 à 36 heures et la palette des couleurs s’élargit au bleu, vert, violet, jaune et noir.
Dès la fin du XVe siècle, la technique s’affine pour laisser place à des décors, aux formes et aux couleurs plus riches (motifs de plumes de paons, spirales...). Au cours du XVIe siècle, ces compositions ornementales sont progressivement remplacées par des scènes à personnages ou des thèmes tirés des gravures contemporaines.