Quimper

Le quartier de Locmaria, à Quimper, abrite depuis le XVe siècle plusieurs ateliers de potiers qui constituent le point de départ des céramiques de la région.
La grande tradition quimpéroise de faïences, néanmoins, débute à l’arrivée du maître faïencier Jean-Baptiste Bousquet à Quimper, vers 1690. Ce dernier choisit le quartier potier de Locmaria pour installer ses ateliers. À sa mort, en 1708, la manufacture est reprise par son fils Pierre, qui semble influencé par la faïence de Moustiers (notamment pour la platerie).
La production prend un nouvel essor sous la direction de Pierre Bellevaux, originaire de Nevers et gendre de Pierre Bousquet à partir de 1731. La manufacture devient de plus en plus prospère et fournit abondamment la province et même au-delà des mers.

L’arrivée dans la manufacture du faïencier de Rouen Pierre-Clément Caussy, qui épouse la petite-fille Bousquet, élargit l’influence artistique de la production. Devenu directeur de la manufacture, il ne cesse de développer le site et la manufacture compte jusqu’à 80 salariés en 1770.
La clé de ce succès réside en partie dans les poncifs à succès de Rouen que Caussy amène en Bretagne : personnages chinois, motif du rocher percé entouré de grenades, décor à la corne, et au carquois, motifs de guirlandes de fleurs en demi-fin, entourages rocailles, font les belles heures de Quimper qui vit également du commerce important de pots, fontaines, mais aussi de la création d’objets religieux.
Caussy choisit des rester à Quimper alors qu’à la même époque, il se retrouve héritier de la manufacture de ses parents à Rouen. Sa fille se marie avec Antoine de la Hubaudière, associant ainsi son nom aux Caussy, sous la marque CH ou HC.
Seule grande manufacture quimpéroise jusqu’à la fin du XVIIIe siècle, la faïencerie Hubaudière Bousquet (marque HB) doit désormais faire face à de nouveaux concurrents (Henriot et Porquier) pour la production de faïences utilitaires et culinaires.

Le caractère exceptionnel de la faïence de Quimper réside certainement dans sa longévité et dans ses périodes de renaissance, lorsque notamment la veuve Porquier s’associe vers 1875 à Alfred Beau, qui renouvelle la création artistique. Sa série botanique dite à bord jaune, les scènes et paysages bretons en témoignent. Vers 1891, Jules Henriot héritier de la manufacture Tanquerey essaie de relancer cette veine également.

Au XXe siècle, le faïencier de Boulogne-sur-Mer Jules Verlingue rachète la « Grande Maison » et fait travailler l’artiste René Quivilic tandis que Mathurin Méheut travaille pour Henriot en créant notamment les services La mer et La galette. Les grès, souhaités par Jules Verlingue et désignés par la marque « Odetta » apportent un renouveau « art déco » à la manufacture.
Les deux manufactures fusionnent en 1969, grâce à Jean-Yves Verlingue sous le nom de Faïenceries de Quimper qui devient, en 1983, HB Henriot. Toujours en activité, cette dernière s’appuie d’artistes contemporains qui poursuivent cet art et cette tradition.