L’ocre niéllé : spécificité rouennaise

Souvent associé au décor en rouge et bleu, l’ocre niellé est un décor spécifique des ateliers rouennais du XVIIIe siècle et sans doute l’un des plus originaux. Produit dans les années 1720-1730, il constitue l’apanage des pièces de prestige.

Le décor à l’ocre niellé se caractérise par des motifs linéaires noirs entrelacés, sur un fond ocre posé sur l’émail blanc. Sa dénomination renvoie à une technique de l’art du métal qui consiste à incruster un émail noir, le nielle, dans un métal précieux gravé, pour créer des effets décoratifs. Les recueils de l’ornemaniste Jean Bérain (1640-1711), Ornements peints dans les appartements des Tuileries, et de Claudine Bouzonnet Stella (1641-1697), Jeux et Plaisirs de l’enfance, ont fortement inspiré les faïenciers rouennais.
Les plats décorés à l’ocre niellé s’ornent ainsi de putti, d’arabesques, de cartouches et de lambrequins réunis par d’épaisses guirlandes de fleurs.