Le costume normand au XIXe siècle dans les collections du musée des Traditions et Arts Normands

Le musée des traditions et arts normands - château de Martainville accueille du 13 mars au 28 septembre 2009 une exposition itinérante sur le costume régional en France intitulée Des Habits et Nous, vêtir nos identités.
À cette occasion, le musée a choisi de réaménager la salle dédiée au costume normand au troisième étage du musée.
Cette nouvelle présentation met l’accent sur l’exceptionnelle collection de costumes, de coiffes, de bonnets cauchois et de bijoux conservée au musée et propose une approche nouvelle des collections de costumes normands.

Ainsi, à travers une sélection de tenues de femmes et d’hommes de Normandie, remises en état à cette occasion, la salle aborde plusieurs problématiques liées à l’histoire du costume régional.
Qui portait ces costumes dits « populaires » ?
Comment ces vêtements ont-ils évolué au gré des modes et sous l’influence des nouveaux matériaux apparus au cours du XIXe siècle (indiennes, strass, tulle) ?
Quelles identités, quelles appartenances sociales les costumes révèlent-ils au sein de la société normande du XIXe siècle ?

Le costume populaire régional n’est pas un élément figé dans le temps et dans l’espace. En Normandie, comme dans toutes les provinces de France, il évolue et se diversifie tout au long du XIXe siècle. L’histoire du costume régional en Normandie commence très tôt au regard de la chronologie de l’histoire des costumes régionaux en France. Dès 1730, les normandes se distinguent par le port d’un bonnet, dit « bonnet cauchois », exclusivement porté dans le pays de Caux. La fin du costume régional normand se situe dans la seconde moitié du XIXe siècle, avec l’abandon des grandes coiffes au profit de coiffes plus petites et plus pratiques. C’est donc dans cette période allant de 1785 à 1850, que le costume populaire normand est à son apogée.

Le costume populaire était porté par une certaine catégorie sociale comme les gros propriétaires fermiers, et non par la plupart des paysans. La raison en est simple. Le costume a un coût. Les tissus d’indienne, les mousselines, les dentelles et le tulle des coiffes sont autant de matériaux issus de l’industrialisation qui coûtent chers au contraire des étoffes de fabrication locale et artisanale auparavant utilisées dans la confection des vêtements paysans.