La fabrication des vitraux

Le maître verrier se procure les feuilles de verre plat incolore et coloré dans des ateliers spécialisés. La technique du verre coulé qui dominait très largement dans les premiers siècles de notre ère, est remplacée progressivement, sans doute dès la fin de l’Antiquité, par la technique du verre soufflé (utilisée déjà depuis longtemps pour la fabrication de la gobeleterie) :
à l’aide d’une canne creuse, le souffleur de verre insuffle de l’air au sein d’une masse de verre chaud malléable ; il obtient ainsi une bulle qu’il élargit progressivement, au cours de réchauffements et de soufflages successifs.

À la fin du Moyen Âge et à la Renaissance, deux méthodes permettent d’obtenir les feuilles de verre :
* le verre soufflé en plateau, appelé verre de France ; le verrier reprend la bulle de verre chaud à son extrémité par une tige métallique le pontil, avant de la séparer de la canne. Il en agrandit ensuite l’ouverture et la fait tourner vivement à l’aide du pontil jusqu’à ce que les parois de verre s’ouvrent pour former un plateau circulaire.
* le verre soufflé en manchon ; le verrier balance vivement la bulle de verre au dessus d’une fosse pour lui donner une forme de manchon. Après détachement de la canne et refroidissement, le verrier ôte les deux extrémités de ce manchon qu’il fend sans le sens de la longueur ; puis le manchon est réchauffé, ouvert et étendu pour former une feuille rectangulaire.

La production de verre soufflé en plateau, suivant la méthode dite normande, est concurrencée, surtout à partir de la fin du XVe siècle, par les verres en manchons dits lorrains. La préférence pour l’une ou l’autre fabrication ne s’explique ni par la qualité du soufflage, parfaitement maîtrisé des deux côtés, ni par les dimensions à peu près équivalentes (au XVIe siècle, les plateaux atteignent un mètre de diamètre, les manchons donnent des feuilles de 0,86m. x 0,43m. de côté suivant la réglementation en vigueur en Lorraine), mais par des critères qualitatifs : éclat de la matière, solidité, importance relative des chutes lors de la coupe etc.

Une fois les différents morceaux de verre colorés obtenus, le maître verrier se reporte au patron, réalisé au Moyen-Âge sur une table blanchie à la craie, puis plus tard sur des supports papier ou carton. Cette maquette, véritable document de référence tout au long de la réalisation du vitrail, reprend l’ensemble des composants du vitrail : le tracé des plombs, la coloration des verres, la peinture éventuelle ainsi que le passage des armatures métalliques.
Les différents verres sont donc découpés selon le patron puis éventuellement peints.
La fabrication d’un vitrail se complète ensuite d’une étape essentielle de sertissage à l’aide de baguettes de plomb.