La gravure sur verre doublé

Lors du soufflage à la verrerie, de nombreux verres, le rouge presque toujours, les bleus clairs souvent, et bien d’autres coloris peuvent être réalisé par placage. Les feuilles ainsi fabriquées sont ainsi constituées d’une fine pellicule de verre de couleur, superposée à du verre clair, généralement du verre blanc.

Dans l’atelier du peintre verrier, cette caractéristique du verre est souvent mise à profit par le procédé de la gravure. Le principe consiste à retirer une partie de la pellicule colorée suivant un dessin donné. Son intérêt est évident. La gravure permet de préciser le dessin du vitrail de façon très fine et de changer de couleur sans l’intervention de coupes et de mise en plomb.

Au Moyen Âge et à la Renaissance, la gravure sur verre s’effectue le plus souvent par un travail d’abrasion mécanique à l’aide d’outils divers, des molettes par exemple, et de poudre d’émeri. Sont ainsi obtenus les crevés des chausses de saint Eustache au Musée des Antiquités. Dès la fin du XIVe siècle au moins, est aussi attestée l’usage de la gravure chimique des verres plaqués. Son usage n’est pas toujours aisé à reconnaître, mais il n’est pas impossible que les fleurs de lys des armoiries royales du vitrail des Orfèvres de Rouen (1543) aient été gravées à l’acide sur un verre bleu plaqué.