La peinture à la grisaille

La grisaille est la principale peinture vitrifiable en usage dans le vitrail. Elle est composée :
1/ d’un pigment fait à base d’oxydes de cuivre ou de fer finement broyés, qui donne à la grisaille sa couleur allant du brun clair au noir.
2/ d’un fondant, en général de la poudre de verre, qui permettra à la grisaille d’adhérer sur son support lors de la cuisson.
3/ d’un liant, vinaigre, eau, essence de térébenthine etc. nécessaire pour appliquer la grisaille sur le verre suivant la façon désirée.

La grisaille se prête aux effets les plus variés, mais, en simplifiant, trois données de base président à son application sur le verre.
La grisaille peut être posée en lavis et au trait, ce qui correspond donc à un apport de matière picturale ; la grisaille, une fois posée, est travaillée par enlevages à la brosse, au bois etc. de façon à combiner effets picturaux et effets de lumières.
Une fois le travail achevé, la grisaille doit être cuite à environ 620-630°, pour adhérer de façon durable sur le verre.

La peinture à la grisaille est pratiquée depuis les débuts de l’histoire du vitrail. On la trouve en Normandie dès l’époque carolingienne sur les fragments trouvés en fouilles dans les annexes de la cathédrale de Rouen.
Les collections du Musée des Antiquités en illustrent l’usage sur une très longue période, soulignant la simplicité de la technique et par conséquent sa facile adaptation à des modes d’expression très différents : travail très graphique pour le vitrail des Trimardeurs ; dessin léger et modelé délicat des têtes attribuées à Guillaume Barbe ; modelé particulièrement raffiné pour le vitrail des de la maison des Orfèvres etc.