Le jaune d’argent sur verre incolore et sur verres de couleur

Les effets et usages du jaune d’argent sont particulièrement adaptés aux principes mêmes du vitrail. Il ne s’agit en effet ni vraiment d’une peinture, ni d’un émail, mais d’une teinture, qui par cémentation lors de la cuisson (620-630°) pénètre dans la matière même du verre pour en changer la couleur. Appliqué sur le verre blanc, il donne un jaune très brillant. Combiné à des verres de couleur, le jaune d’argent permet de réaliser des effets particuliers ; il est souvent posé sur le bleu pour donner du vert.

Les premiers usages du jaune d’argent dans le vitrail ont été relevés vers 1300. La technique, mise au point à Paris, est très vite présente en Normandie sur les prestigieux chantiers de la chapelle d’axe de la cathédrale de Rouen, du chœur de l’abbatiale Saint-Ouen, également à Rouen, ou à l’abbatiale de Jumièges (panneaux aujourd’hui principalement conservés dans une chapelle privée à La Mailleraye-sur-Seine) dans les premières décennies du XIVe siècle.
La scène du ravissement de Marie-Madeleine du Musée des Antiquités montre l’usage du jaune d’argent au début du XVIe siècle par un grand peintre et peintre verrier d’origine néerlandaise, Arnoult de Nimègue.
Combiné à la grisaille, le jaune d’argent prend des nuances allant du citron à l’ocre, pour évoquer toute la chatoyance de la longue et abondante chevelure dont la sainte est vêtue.