Abondance des thèmes religieux

Montées dans une baie composite, ces deux rondelles sont caractéristiques du type le plus commun du vitrail civil de la première moitié du XVIe siècle. Ce sont de petits médaillons de verre blanc ovales ou carrés, peints à la grisaille ou au jaune d’argent.
Saint Matthieu est, représenté dans un rondel ovale, attablé à son pupitre, inspiré par l’ange dans la rédaction de son Evangile.

L’histoire de Suzanne et les vieillards, racontée à la fin du Livre de Daniel dans l’Ancien Testament, est représentée dans un rondel rectangulaire, d’une manière très pudique à travers la scène de Suzanne au bain. Au premier plan, la chaste jeune femme, est assise au pied d’une fontaine, dans son jardin, prête à s’y baigner. Derrière elle, caché par des arbres, devant une architecture gothique, se cachent deux vieillards qui la presse de se livrer à leur désir.
Ce rondel, probablement réalisé dans les anciens Pays-Bas, appartient à une production en série, ce type de vitrail étant facile à diffuser, car aisément adaptable à des baies de dimensions variées. On peut en effet le rapprocher d’autres fort semblables, dans des collections anglaises ou américaines.

Malgré l’utilisation civile de ces vitraux, l’omniprésence des thèmes religieux est notable. Saint Matthieu représente l’inspiration divine. Suzanne est l’image même de la femme chaste, et symbolise l’âme sauvée. Elle est en effet vêtue d’une robe qui cache sa nudité : cette scène de bain n’est pas encore considérée comme un thème érotique, comme elle le sera au siècle suivant, lorsque la nudité de la baigneuse sera le sujet essentiel de la représentation.