Des sujets parfois légers

Cette baie composite, ainsi que son encadrement et la tenture damassée du fond ont été réalisés par le peintre-verrier rouennais Jules Boulanger au XIXe s, pour mettre en valeur les médaillons de Montigny.
Neuf des mois de l’année sont représentés, chacun par un médaillon représentant une scène du mois concerné, entouré d’une bordure ornée.
Au milieu de la bordure haute, le signe du zodiaque est inscrit dans un cartouche. Au centre de la bordure basse est tracé le nom du mois.

Ces médaillons des mois sont incomplets : il en manque ceux des mois de juillet, novembre et décembre, qui auraient été acquis par un collectionneur dans la première moitié du XIXe siècle.
Le peintre verrier qui a réalisé ces œuvres en 1609 (d’après la date inscrite sur le médaillon du mois de septembre) s’est inspiré avec plus ou moins de fidélité de gravures d’Étienne Delaune, Les allégories des douze mois, exécutées vers 1568. C’est ce qui explique l’anachronisme des costumes qui semblent antérieurs à 1609.
Destinés à être vus de près, ils sont peints avec la plus grande minutie en grisaille et jaune d’argent sur verre blanc, mais aussi avec des émaux bleus, verts, violets ou orangés, technique qui se diffuse dans la seconde moitié du XVe siècle.

Il est possible qu’avant d’être installés dans l’église de Montigny, ils aient participé au décor du château de la même ville. Leur sujet profane et même parfois léger le laisse penser. C’est en raison de ce sujet peu religieux que le curé de Montigny les vendit en 1877.