L’émail, un art délicat

Cette pièce de verre peint ovale est un rondel, c’est-à-dire un vitrail civil destiné initialement à être monté au centre d’un panneau de vitrerie blanche à losanges ou à bornes d’une croisée.

Son sujet évoque un miracle, qui eut lieu lors du sac de la ville de Rouen par les Huguenots en 1562 : les soldats protestants apportèrent devant la chapelle Saint-Victor les reliquaires de saint Cande dans le but de les détruire par le feu, mais au lieu de se consumer, ils se seraient élevés, intacts, au-dessus du brasier, à la stupéfaction générale.

Œuvre de facture minutieuse, initialement visible de près, le rondel de saint Cande est peint à la grisaille et au jaune d’argent, auxquels se combinent ici émaux violet, vert et bleu. Cette technique est caractéristique du vitrail civil de la fin du XVIe, ou du début du XVIIe siècle.
L’usage des émaux surtout requiert des compétences particulièrement abouties (fabrication, cuisson). Tous les artisans n’en acquièrent pas la maîtrise, ce qui contribue progressivement, dans la seconde moitié du XVIe siècle, à distinguer dans le métier de verrier ceux qui deviennent de simples vitriers et ceux qui dominent tous les aspects de la peinture sur verre, y compris les plus délicats.