Le vitrail dans l’habitation privée

Au Moyen Âge, l’usage du vitrage dans l’habitat se développe progressivement, notamment pour des questions de coût.
Longtemps la clôture des baies se fait au moyen de volets intérieurs en bois, le vitrage restant cantonné, au mieux, dans des impostes fixes.

La recherche accrue de lumière, de confort et de protection conduisent cependant à de rapides améliorations de la fenêtre à partir du XIVe siècle ; le vitrage y est surtout présent dans les résidences royales ou princières, d’abord dans les chapelles et certaines grandes salles, pour gagner au siècle suivant les chambres et lieux d’étude, puis les pièces utilitaires (paneterie, fruitier).
Le vitrage est alors constitué de losanges en verre incolore, parfois agrémentés de bordures ou d’armoiries ; les toiles cirées et les papiers huilés restent longtemps néanmoins, largement majoritaires.

L’utilisation du vitrage incolore dans les habitations privées se développe tout au long des XVe et XVIe siècles. Dans les habitations les plus luxueuses, la partie centrale de la fenêtre est occupée par un panneau rectangulaire ou circulaire, appelé rondel, représentant une scène figurée, traitée à la grisaille et au jaune d’argent.
Au XVIe siècle, le vitrail civil prend parfois des formes plus développées, comme à la Maison des Orfèvres de Rouen : dans ce cas, les battants et les impostes de la croisée sont ornés de vitraux peints à motifs emblématiques et héraldiques. Cette formule est comparable aux vitraux des galeries du château d’Écouen.
La peinture sur émail se développe à Rouen dans le vitrail civil à partir du milieu du XVIe siècle.