Trois éléments essentiels : grisaille, sanguine et jaune d’argent

Ces vitraux constitués de deux battants surmontés d’une imposte, garnissaient une fenêtre du second étage de la maison de la corporation des orfèvres, rue du Gros Horloge.
Parmi les vitraux civils, les documents d’archives mentionnent assez fréquemment des vitraux héraldiques ou des rondels disposés dans des vitreries. Le vitrail des orfèvres appartient à une forme plus aboutie du vitrail civil, conçu sur l’ensemble de la croisée (impostes et battants), particulièrement précieuse.
Sur le battant de gauche, on peut voir les armes de France surmontées de la couronne royale, cernées par le collier de l’ordre de Saint Michel, soutenues par deux cerfs. Sur le battant de gauche, deux griffons tiennent les armoiries des orfèvres : ciboire en or gravé sous l’agneau de Rouen entre deux fleurs de lys. Sur le pourtour du blason, des fourmis et des gouttes de sueur symbolisent le travail : au-dessous est peinte la date de 1543. Les deux impostes comportent chacune une citation extraite du livre de la Sagesse, inscrite dans un décor de cuirs découpés, de masques, de putti tenant un creuset enflammé, ornements empruntés à la grammaire décorative du style bellifontain. Ce style maniériste se diffuse dès 1540 à partir du chantier du château de Fontainebleau, sous la direction des artistes italiens le Rosso et le Primatice.

La peinture à la grisaille et à la sanguine et la teinture au jaune d’argent sont primordiaux dans cette œuvre où les verres de couleur, doublés puis gravés avec soin, sont peu nombreux. Le peintre verrier a fait preuve de beaucoup de virtuosité dans le tracé très sûr des motifs et plus particulièrement dans le traitement du pelage des deux cerfs dont le savant dégradé est remarquable.