Un art élaboré et raffiné

Ces quatre éléments de vitraux proviennent de la baie n°7 de la chapelle axiale de la cathédrale de Rouen dédiée à la Vierge. Il s’agit vraisemblablement d’éléments de bordure qui encadraient une représentation de Saint Sylvestre prélevés au XXe siècle.
Quatre anges sont représentés ; ils jouent chacun d’un instrument différent : de la double flûte, du tambourin, du sistre et de la vielle à archer. Leurs silhouettes sont élancées et leurs corps animés d’un hanchement assez prononcé. Ils sont vêtus de longues robes aux plis cassants et marqués. Leurs cheveux sont bouclés et leur tête ceinte d’une auréole. Leur visage dégage un impression de douceur, leurs gestes sont délicats.

Le traitement à la grisaille des figures ainsi que le canon raffiné des personnages rappellent le style des manuscrits de Jean Pucelle. On retrouve en effet dans les Heures de Jeanne d’Evreux (1325-1328) le même modelé souple et gracile des figures que sur ces fragments . Le traitement des personnages sur verre incolore rappelle le travail à la grisaille des Heures de Jeanne d’Evreux où les figures traitées sans rehauts de couleur se détachent sur un fond coloré.
Ces quatre anges sont les témoignages d’un art raffiné qui se développe à Rouen à l’occasion du chantier de la chapelle axiale de la Vierge et qui n’est pas sans rappeler l’art parisien, celui du règne de Philippe le Bel, de la même époque. On peut sans doute attribuer ces vitraux à l’activité d’atelier parisien appelé dans la région pour l’occasion.