L’ange musicien de l’église des Augustins de Rouen

Ce fragment de vitrail appartient à une verrière, qui est en vérité un assemblage de différents vitraux de l’église des Augustins de Rouen, réunis dans la baie du musée par You-Renaud au XIXe siècle.
Placé dans une mandorle, cet ange musicien ailé est vêtu d’une tunique et d’un mantelet accroché par une fibule circulaire, et il pince les cordes d’une harpe. Son visage, encadré de longs cheveux blonds, est juvénile.

Les anges sont des êtres créés par Dieu, d’une essence toute spirituelle ; ils sont mentionnés à maintes reprises dans l’Ancien Testament et le Nouveau Testament. Ils assurent la liaison entre Dieu et les hommes, entre le Ciel et la Terre.
Parmi eux, les anges musiciens sont cités dans les textes bibliques, mais aussi dans les commentaires des Pères de l’Eglise, dans les premiers siècles de notre ère : ils définissent la musique des sphères célestes comme les sons harmonieux des cohortes célestes. Ils apparaissent dans l’art au XIIe siècle (manuscrits anglais).

Le style particulièrement élégant et raffiné s’explique par la technique utilisée ainsi que par l’influence d’autres domaines artistiques sur l’art du vitrail. En effet, la grisaille et le jaune d’argent permettent un rendu fin et délicat des traits du visage, des plumes des ailes ainsi que des plis de la tunique qui rappelle les arts graphiques du XVe siècle.