L’influence des arts graphiques

Ces fragments de vitraux ont été réalisés vers 1470 pour une chapelle du bas-côté sud de la cathédrale de Rouen ou peut-être pour l’église Saint-Maclou.
Deux grandes figures sont disposées dans des niches d’architecture fermées de tentures damassées. La partie basse des figures est perdue.
À gauche se tient saint Jean-Baptiste tenant, selon la tradition, le livre sur lequel est couché l’agneau mystique, portant la Croix. De sa main droite, doigts pointés, il le désigne. Nimbé d’une auréole pourpre, il est vêtu d’une robe jaune en poils de chameau, en partie recouverte par un manteau rouge à revers blancs.
À droite, le Christ est debout. Le manteau prune à bord jaune et à revers bleus dans lequel il est drapé laisse apparaître sa poitrine nue. Nimbé, il porte l’auréole crucifère et la Croix.

L’excellence du travail de l’artiste est ici parfaitement sensible. Le raffinement des techniques, (jaune d’argent qui rehausse les baldaquins, grisailles des visages, des figurines de prophètes qui ornent les piliers), la finesse des lignes, le modelé soulignent les liens étroits qui unissent peinture et peinture sur verre à cette époque.
Le caractère monumental des figures, disposées dans d’importantes architectures, est bien représentatif du travail des peintres verriers du XVe siècle.