Une maîtrise exceptionnelle

Stimulée par le grand dynamisme amorcé à l’issue de la Guerre de Cent Ans, la reconstruction des églises se poursuit au XVIe siècle. Pour répondre à la demande importante de verre plat, les ateliers de verriers, notamment la famille Brossard en forêt d’Eu, les Le Vaillant et Caqueray en forêt de Lyons, développent leur activité.

Rouen, seconde ville du royaume, se lance dans le grand commerce et s’ouvre aux influences étrangères (Flandres, Italie). Le Cardinal Georges d’Amboise, ministre de Louis XII ayant participé aux campagnes d’Italie, devient archevêque de Rouen en 1493. Il fait appel à d’exceptionnelles équipes d’artistes pour travailler à la reconstruction de sa résidence d’été de Gaillon.
D’autres grands ecclésiastiques comme Antoine Bohier, des parlementaires, ou des membres de la bourgeoisie issue du grand négoce, contribuent au financement des très nombreux chantiers en cours.

Les peintres verriers disposent alors d’une palette de verres extrêmement étendue et brillante. Plus que jamais la technique est maîtrisée, atteignant souvent une grande virtuosité et gardant une force surprenante. Les compositions nouvelles séduisent par l’exubérance des postures, des costumes et des couleurs.
Un nouveau répertoire décoratif inspiré de l’Antiquité s’impose petit à petit. Certaines composantes de cette nouvelle expression artistique caractérisent la production normande, comme les paysages urbains en grisaille sur fond bleu intense, ou les arbres à feuilles de contours.