Des dessins sophistiqués

Sur ce fragment de vitrail sont figurés trois personnages féminins. Deux femmes voilées, l’une vêtue d’une robe verte, la seconde, d’une robe prune, s’avancent vers une troisième femme, qui porte une robe bleue recouverte d’un manteau vert. Elle semble se détourner de ses deux compagnes et effectue un geste de recul. Sa coiffure est complexe et raffinée.
Au second plan, deux édifices sont figurés : un bâtiment sur piédestal dont l’entrée est formée d’un arc en plein cintre et à l’extrémité droite, un édifice à rotonde, percé d’oculi.

Ce panneau a été en grande partie recomposé au XIXe siècle à partir de pièces d’origines diverses ce qui rend l’identification de la scène difficile. On l’interprète parfois comme une représentation de l’histoire de Psyché et de ses sœurs. Il se situe en marge des productions contemporaines d’Arnoult de Nimègue (célèbre peintre verrier néerlandais, en activité à Rouen entre 1503 et 1513). Il n’a jusqu’à aujourd’hui pas été attribué.
On peut néanmoins noter l’élégance et la finesse du dessin des figures : le geste de recul du personnage féminin à la robe bleue est délicat, les plis et drapés sont rendus avec soin. De plus, le traitement de la chevelure ainsi que des éléments de parure et de la robe au jaune d’argent mêlé au rendu des carnations à la sanguine est révélateur de la maîtrise technique des peintres verriers du XVIe siècle et de la qualité des productions normandes durant cette période.
Au second plan, la représentation d’édifices constitue un écho aux différentes recherches architecturales de la renaissance italienne comme la tentative de rendre la perspective.