L’influence d’Arnoult de Nimègue

Ce fragment de vitrail représente au centre Marie Madeleine, identifiable à la longue chevelure qui la couvre entièrement et cache sa nudité. Ses mains sont relevées devant la poitrine, paumes tournées vers l’avant en signe d’adoration.
Derrière elle, de part et d’autre, deux anges ailés, aux cheveux blonds, vêtus de longues robes blanches, volent en sa direction et l’élèvent vers le ciel. Il s’agit de la scène du ravissement de Marie Madeleine. Le vitrail est lacunaire.
Le fragment a été retaillé et complété au XIXe siècle puis intégré dans une baie du musée afin de former l’oculus du tympan : ainsi, les anges ne sont pas visibles entièrement, le bas de la sainte manque. La grisaille est dégradée.

Au vue de la maîtrise du traitement des chevelures des personnages et des ailes des anges à la sanguine (technique apparue au XVe siècle, variante de la grisaille, consistant en un mélange de poudre de roche à haute teneur en oxyde de fer et d’une petite quantité de fondant, appliqué sur la surface du verre qui donne après cuisson une couleur rousse vive), on peut dater ce vitrail du début du XVIe siècle.
Le canon de la sainte et le traitement du visage en un ovale très pur, évoquant les types féminins caractéristiques d’Arnoult de Nimègue, célèbre peintre verrier d’origine néerlandaise, nous permettent une datation plus précise correspondant à la durée de son activité à Rouen, soit entre 1503 et 1513.
La maîtrise de la technique de la sanguine est révélatrice de l’essor de l’art du vitrail et de ses développements techniques en France et particulièrement en Normandie au XVIe siècle.