Les fragments de l’église Notre-Dame de Bondeville

Lors de fouilles effectuées en 1999 près des vestiges de l’église mérovingienne de Notre-Dame de Bondeville, ont été découverts 137 fragments de vitraux mérovingiens datés de la 2nde moitié du VIIe siècle, dont ceux conservés au musée des Antiquités de Rouen, ainsi que quelques débris de plomb.
Coloré dans la masse en bleu-vert, bleu, marron, vert olive et vert émeraude et rouge, ils ne présentent aucune trace de peinture et sont de formes très variées - triangle, équerre, parallélogramme-, obtenues par un travail au grugeoir (outil permettant de rogner suivant la forme voulue les côtés d’une pièce de verre).
Le vitrail est alors un assemblage, à la manière d’une mosaïque, de ces morceaux de couleurs et de formes variées, sertis dans une résille de plomb.

Durant la phase de mise en œuvre des éléments de la verrière, les morceaux de plomb n’étaient pas soudés mais travaillés à froid.

Nous ignorons encore la fonction précise de ces vitraux. S’agissait-il d’éléments de mobilier ou d’éléments de fenêtre ?
La proximité des fragments découverts avec l’église mérovingienne rend plus vraisemblable la seconde hypothèse. Les fragments de vitraux de Notre-Dame de Bondeville sont les plus anciens que nous connaissions en France pour le Haut-Moyen Âge. Ils sont révélateurs de la maîtrise précoce de l’art du vitrail par les artisans, dès le VIIe siècle.