Crucifixion et agonie au jardin des oliviers

La baie est composée de deux lancettes ornées à gauche d’une scène de Crucifixion et à droite de la représentation du Christ au jardin des Oliviers.
Elle a été offerte en 1533 par Richard Ango à l’église de Mont-Cauvaire en Seine Maritime, selon l’insciption placée au bas du vitrail de gauche : « l’an 1533 ceste verriere fut donnee par (Richar)d Ango religieux de S. Ouen(anc)ien cure de ceste paroisse (priez Di) eu pour luy ». Les sujets choisis, apparaissent comme une évidente allusion au nom de la paroisse.

Sur le vitrail de gauche sont représentés les éléments traditionnels d’une scène de Crucifixion : au centre, le Christ en croix, de part et d’autre, la Vierge et saint Jean, et, à gauche, Richard Ango figuré en moine donateur.
Un élément plus atypique a été ajouté à cette représentation : la ville de Jérusalem est figurée à la manière d’une ville normande avec des maisons à pans de bois, une église surmontée d’une flèche et un donjon circulaire.
Des inscriptions complètent la scène : au pied de la croix, sur trois phylactères, est inscrit : « le mont calvaire », « trahe me post te », « la ville de Jérusalem ». Sur la lancette de droite, l’inscription « le mont olyves » nomme la scène représentée.
Le Christ est agenouillé devant un monticule vert sur lequel sont posés un calice et une hostie. Au-dessus de lui, des rayons émergent des nuées, symboliques de la présence divine. Trois des disciples sont assoupis dont saint Pierre identifiable à son épée. Tous trois sont nimbés.

L’étude stylistique de la baie permet d’attribuer cette production à l’un des ateliers rouennais qui participèrent au décor du chœur de l’église Saint-Vincent, vitraux aujourd’hui conservés à l’église Jeanne d’Arc.
On peut également noter l’originalité de cette œuvre qui, par l’intégration d’un paysage urbain contemporain au pied de la croix se distingue des productions antérieures.