La charité de saint Martin

Au centre de la scène saint Martin chevauche un cheval blanc harnaché de bleu et d’or. Il porte une tunique de brocart orange à ramages jaunes recouverte partiellement d’un ample manteau rouge, des chausses rouges et des bottes bleues, un large chapeau rouge. De sa main droite, il s’apprête, à l’aide de son épée, à partager son vêtement pour en donner la moitié au mendiant estropié, appuyé sur sa béquille, qui lui tend sa sébile.
L’arrière plan est occupé par un ensemble de bâtiments à l’antique surmontés d’une tour ronde et d’un clocher. Des arbres de différentes nuances de vert se détachent sur le bleu lumineux du ciel. Le sol est recouvert d’herbes et de fleurs.

L’épisode représenté est l’un des plus populaires de toute l’iconographie chrétienne : en 337, Martin alors soldat de l’armée romaine, se trouve aux portes d’Amiens quand il est accosté par un mendiant grelotant de froid à qui il donne la moitié de son manteau. Mais la scène est ici « actualisée », saint Martin étant revêtu des plus beaux atours d’un gentilhomme de la Renaissance.
L’ensemble donne une impression de somptuosité : palette éclatante, luxe des vêlements, exubérance de la végétation. Toutes ces caractéristiques permettent de rattacher cette œuvre à un atelier normand. Elle présente des similitudes avec les vitraux du Miracle des Billettes également conservés au musée des Antiquités et surtout avec le vitrail de la vie de sainte Barbe de l’église Saint-Patrice de Rouen de 1540.