Le miracle des Billettes

Cet ensemble évoque l’histoire de la profanation d’une hostie par un juif, thème qui resurgissait régulièrement dans les périodes d’antisémitisme et qui touchait aussi à la question de l’Eucharistie, l’un des points les plus litigieux entre catholiques et réformés.
Ce vitrail, originellement installé dans l’église Saint-Éloi, est associé à la légende du miracle des Billettes, que l’on situe en 1290. Une femme de Paris aurait procuré à un juif Jonathas, une hostie consacrée. Celui-ci la transperça à coups de couteau et il en sortit du sang. Une voisine eut vent de ce sacrilège et en prévint le curé de Saint-Jean-de-Grève. Jonathas fut arrêté et brûlé vif. Sa maison fut détruite. Une chapelle fut construite à son emplacement à Paris.

Ce sujet a donné lieu à de nombreuses représentations. La plus célèbre est celle de Paolo Ucello peinte sur la prédelle du retable du Corpus Domini à Urbino. On trouve cette même histoire représentée sur les vitraux de la sacristie de St-Etienne-du-Mont à Paris, sur des vitraux à St-Lô, Châlons-sur-Marne, Troyes...
Une partie de l’histoire est ici développée sur six panneaux regroupés en trois fenêtres. Des inscriptions permettent de suivre les différentes scènes.
Première fenêtre : une femme va mettre en gage une robe chez le juif Jonathas ; la femme promet au juif de lui donner une hostie.
Deuxième fenêtre : la femme donne l’hostie au juif qui la transperce ; l’hostie saigne.
Troisième fenêtre : la femme recueille l’hostie pendant le sommeil du juif et la présente au prévôt.

Les couleurs éclatantes, les frondaisons, les architectures en grisaille sur fond bleu sont bien dans la tradition du vitrail rouennais du XVIe siècle.