Un dessin sophistiqué aux lignes épurées

Parlant de certains vitraux contemporains, Viollet-le-Duc écrit :
« Vouloir reproduire ce qu’on appelle un tableau, c’est-à-dire une peinture dans laquelle on cherche à rendre les effets de la perspective linéaire et de la perspective aérienne, de la lumière et des ombres avec toutes leurs transitions, sur un panneau de couleurs translucides, est une entreprise aussi téméraire que de prétendre rendre les effets des voix humaines avec des instruments à cordes ».
Article Vitrail du Dictionnaire raisonné de l’architecture française (t. IX, p.384-385).

Plusieurs procédés évitent partiellement aux vitraux eudois de tomber sous les critiques soulevées par l’architecte. Le contraste très simple, quasi bicolore, entre le fond bleuté et les motifs peints à la grisaille, donne de loin l’impression d’un jeu d’aplats. La ligne noire très souple, bien caractéristique de la manière de Viollet-le-Duc, vient prendre le rôle du réseau de plomb dans la mise en relief des formes. Les motifs sont comme enfermés par cette ligne sombre et continue qui, liée à la saturation de l’espace, donne son aspect frontal à la composition et bloque en partie l’effet de perspective.

Néanmoins, un regard plus attentif sur les verres légèrement irréguliers et sur l’effet de dépoli rendu grâce à l’émail vient gommer l’impression première. Ces techniques, tout comme l’utilisation des hachures pour donner le relief, sont modernes et étrangères aux vitraux des XIIe et du XIIIe siècles, références absolues pour le Viollet-le-Duc du Dictionnaire.