Le carton d’assemblage

Si le renouveau de l’art du vitrail au XIXe siècle a déjà été assez bien étudié, l’intérêt porté aux cartons de vitraux est récent, il y a encore beaucoup à faire pour que leur qualité d’œuvre d’art à part entière soit reconnue. Les ateliers eux-mêmes n’attachaient pas toujours une attention à long terme à ces documents, dont la conservation fut donc rarement systématique.

Le carton tel que nous le connaissons aujourd’hui est apparu dès le XVe siècle. Auparavant le peintre verrier dessinait le vitrail sur une table blanchie à la craie, portant toutes les indications nécessaires à l’exécution : mesures de la fenêtre, tracé du vitrail, repères pour la coloration et pour la peinture.
D’une manière générale, les cartons de vitraux du XIXe siècle sont exécutés sur du papier plus ou moins épais ou du carton, les dessins étant réalisés au fusain, au crayon de pierre noire ou à l’encre de Chine. Hormis les rehauts de craie blanche, de gouache ou d’aquarelle le carton de vitrail est presque toujours monochrome.
Pour les œuvres de grandes dimensions (certaines atteignent 4 ou 5 mètres de hauteur), différents lés sont assemblés à joints superposés.

Sur ce « patron » qui lui sert tout au long de son travail, le peintre verrier reporte un certain nombre d’informations d’importances variables selon les cas.
Le dessin se limite ainsi à quelques lignes, ou se révèle bien plus élaboré. De même, l’emplacement des barlotières ou le tracé des plombs sont ou non indiqués. Les couleurs, quant à elles sont très souvent mentionnées ; si ce n’est au moyen de lettres ou de chiffres, elles sont écrites en toutes lettres.
Certains cartons présentent des marques de report du tracé, qui a permis de préparer les calibres de coupe des verres. Enfin, les données picturales du carton, souvent très développées, tiennent lieu de référence lors du travail de peinture sur verre.