Bacchus dans les décors de la vie quotidienne

Dans son thiase (ou cortège) Bacchus est souvent accompagné par des satyres. Comme Pan, ce sont des êtres mixtes, mi-hommes mi-animaux : ils ont des oreilles, une queue et des sabots de bouc. Ils sont souvent couronnés de lierre (plante vivace associée à Bacchus, car elle reste verte toute l’année et symbolise la vigueur du dieu). Les satyres sont connus pour leur laideur et leur ivrognerie. Dans le thiase, ils sont souvent figurés en train de porter les instruments du banquet (cruches, amphores, vases à boire), sous la conduite de Silène, le plus âgé d’entre eux.
Ces deux appliques en bronze sont bien des représentations de satyres, peut-être même de Silène lui-même. Leur visage est souvent présenté de cette manière : barbe, crâne dégarni, nez en trompette. Ce sont les traits conventionnels de la laideur. Ils portent également une couronne de fruits comme tous les participants du thiase.
Mais ce qu’il y a de plus intéressant dans ces deux statuettes, c’est qu’il s’agit d’éléments d’applique : ces deux pièces étaient utilisées pour décorer un autre objet (sûrement du mobilier, chaise, lit, etc). En effet, ce dieu et tout l’univers qui lui est lié ont connu une grande popularité dès l’époque de la Grèce classique, à tel point qu’ils ont ensuite été utilisés très couramment dans le répertoire décoratif. Ainsi les Grecs, puis les Romains semblent avoir été très friands de l’image de Bacchus et de ses compagnons pour orner leur quotidien (objets de la vie quotidienne comme ici, ou peintures et mosaïques).