Qu’en disent les textes antiques ?

Ovide (poète romain du Ier siècle avant J.-C.) raconte l’épisode de la guerre contre les Géants, au début des Métamorphoses (I, 152) :
« Les Géants prétendirent à la conquête du royaume céleste, entassant montagnes sur montagnes jusqu’à la hauteur des astres. Alors le maître tout-puissant, lançant la foudre, fracassa l’Olympe et renversa Pélion du sommet d’Ossa qui lui servait de piédestal. »
Un peu plus loin (Métamorphoses I, 177), le poète décrit Jupiter appelant les dieux à une assemblée :
« Quand le maître des dieux, fils de Saturne, vit du haut de sa demeure ce spectacle, il en gémit et (...) il en conçoit une violente colère, et convoque l’assemblée des dieux. Tous sans retard se rendent à son appel. (...) Dès que les dieux eurent pris place à l’écart dans leur salle de marbre, Jupiter qui les dominait de sa place, appuyé sur son sceptre d’ivoire, secoua à trois et quatre reprises cette chevelure qui répand l’effroi, et dont les mouvements ébranlèrent la terre, la mer et les astres. Puis sa bouche épancha son indignation en ces termes. » (traduction J. Chamonard)

Commodien (prêtre chrétien du IIIe siècle après J.-C.) dénigre Jupiter dans ses poèmes :
« Jupiter, né de Saturne sur cette terre, dans l’île de Crète,
Dès qu’il fut devenu adulte, évinça son père de la royauté.
Ensuite il séduisit les femmes des grands et ses sœurs.
Ajoutons qu’un forgeron lui fit un sceptre, l’illustre Pyracmon.
Au commencement, Dieu fit le ciel, la terre et la mer ;
Mais ce terrible Jupiter, né au milieu du temps,
A l’âge d’homme sortit d’un antre, où il fut nourri en cachette.
Considère ces griefs : un autre est Dieu, et non pas ce Jupin ! »

(traduction J.-M. Poinsotte)