Qu’en disent les textes antiques ?

Jules César parle ainsi des Gaulois à l’époque où la Gaule vient à peine d’être conquise (milieu du Ier siècle avant J.-C.) :
« Le dieu qu’ils honorent le plus est Mercure : ses statues sont les plus nombreuses, ils le considèrent comme l’inventeur de tous les arts, il est pour eux le dieu qui indique la route à suivre, qui guide le voyageur, il est celui qui est le plus capable de faire gagner de l’argent et de protéger le commerce. »
La Guerre des Gaules, livre VI, § 17 (traduction L.-A. Constans).

Commodien, évêque chrétien du IIIe siècle après J.-C., dénigre les dieux romains dans ses poèmes, et nous donne en même temps leur image traditionnelle :
« Votre Mercure est dépeint avec son boursicaut,
Des ailes au casque et aux pieds, et tout le reste nu : soit !
Je vois là un miracle : un dieu qui vole avec son escarcelle !
Courez, les traîne-misère, le giron tendu, là où vole ce grand dieu,
Pour qu’il y répande son gousset : et vous, dès ce moment-là, tenez-vous prêt !
Levez les yeux vers le dieu peint, puisqu’il va sur vous de là-haut
Faire pleuvoir ses sous ; et vous, dansez alors d’un cœur léger ! (...)
 »
(traduction J.-M. Poinsotte)