Les instruments de grande chirurgie

Pour l’homme de l’Antiquité et du Moyen Âge, le corps est sacré, son ouverture relève de la pratique religieuse et non de l’observation scientifique. À partir de la Renaissance, les dissections se multiplient. Vésale est le premier médecin à publier en 1543 un traité d’anatomie, illustré de magnifiques planches qui donnent une description détaillée du corps humain. Cette meilleure connaissance du corps contribue à l’essor spectaculaire de la chirurgie à partir du XVIe siècle.

À côté de la petite chirurgie pratiquée par les chirurgiens barbiers, la grande chirurgie, considérée jusque-là comme un art secondaire par les médecins car elle est pratiquée avec les mains (du grec "cheiros" : main), gagne peu à peu ses lettres de noblesse. Un enseignement théorique apparaît à Paris à la fin du XVIIe siècle. Des cours d’opérations sont édités, accompagnés de planches représentant des instruments toujours de plus en plus nombreux et variés. Mais, jusqu’à la première moitié du XIXe siècle, la chirurgie, en l’absence d’anesthésie et d’asepsie, reste encore une médecine de l’urgence, limitée à trois grandes opérations : l’amputation, la trépanation, la taille vésicale.

Les instruments présentés datent du XVIe siècle au XIXe siècle et proviennent de deux musées rouennais dont les collections sont complémentaires : le musée Flaubert et d’Histoire de la Médecine et le musée Le Secq des Tournelles.