Plusieurs natures d’ivoire ont été sculptées...

Plusieurs natures d’ivoire ont été sculptées par les hommes. Pendant la Préhistoire, le mammouth fournissait l’essentiel des défenses. Depuis l’Antiquité, c’est surtout l’éléphant qui offre les défenses les plus grandes et exploitables pour la sculpture. Mais d’autres animaux, chassés au fil des voyages des marins et aventuriers haut-normands, ont fourni leur ivoire : En Afrique, l’hippopotame, dont l’ivoire est le plus fin, et le phacochère. Le morse et le cachalot, rencontrés par les baleiniers de l’Atlantique nord, ont également fourni des dents et défenses de plus petites dimensions et à la consistance plus granuleuse, présentant parfois des fentes dues aux températures froides. La dent de narval, aux fibres torsadées, ne se prête guère à la sculpture mais a pu être utilisée pour des gobelets évidés montés en argent. Leurs dents ont longtemps été considérées (et ce jusqu’à la Renaissance) comme des cornes de licornes, aux pouvoirs magiques. À ce titre, elles furent longtemps commercialisées à grand profit par les scandinaves au reste de l’Europe.

La dent de l’éléphant, la plus usitée, est généralement creuse sur un tiers de sa longueur. La cavité conique limite l’exploitation de l’ivoire pour les pièces massives. Elle explique également les bouchages divers imaginés par les sculpteurs pour masquer le trou de nombreuses pièces taillées dans cette partie de la défense.

On associe ordinairement l’os aux matières utilisées par les ivoiriers. Les os des animaux les plus communs peuvent être utilisés , tels que bœuf et mouton, mais aussi ceux des animaux recherchés pour d’autres raisons, comme l’os de baleine ou de cachalot.