La place de l’oeuvre dans le processus de création

La place de l’oeuvre dans le processus de création

La sculpture conservée par le musée d’Elbeuf est le modèle original à l’échelle 1/2, parfois improprement appelé maquette, du monument toujours visible place Aristide Briand. Comme souvent pour la sculpture monumentale, elle s’inscrit dans un processus de création complexe.

Une première ébauche en terre modelée au 1/10e a tout d’abord été fournie par le sculpteur, avec un dossier comprenant plusieurs documents : rapport explicatif, devis, plan, coupe et élévation. Cette ébauche a ensuite probablement été transcrite, toujours en terre à modeler, à l’échelle ½. Des traces de cette étape sont toujours bien visibles sur l’œuvre en plâtre, notamment la pression des doigts et les reprises faites par un outil dentelé sur la terre fraîche…

Une opération de moulage à creux perdu* a ensuite permis de créer cette épreuve originale, constituée de plâtre armé de filasse portant sur une armature en bois et métal. L’œuvre porte encore les traces de moulage et d’assemblage des différentes parties, dont les discrètes sutures sont encore visibles. Les deux ailes moulées à part ont été conçues démontables pour des raisons pratiques d’encombrement.

Ce plâtre est la dernière étape avant la réalisation de l’œuvre définitive en pierre, qui est généralement confiée à un atelier spécialisé ou à un praticien dont la tâche est de transcrire le modèle du sculpteur. L’œuvre en plâtre porte donc plusieurs repères servant à cette transposition, sous forme de clous, qu’on aperçoit sur le voile de la femme assise, et de marques au crayon, bien visibles sur les ailes et les visages.

© photo : Maquette en terre, Centre d’archives patrimoniales