Du Pays d’Auge à Caen

Le père de Charlotte Corday, seigneur d’Armont, avait bien un titre de gentilhomme mais vivait comme un fermier, dans l’attente du bon-vouloir de ses deux beaux-frères concernant le versement de la dot de sa femme. Lorsqu’il se décida à leur intenter un procès, il jugea bon de se rapprocher de Caen, au grand désespoir de Charlotte Corday éprise de liberté et de nature.
En 1782, la mort de Mme Corday déstabilisa la famille qui fut dispersée. Charlotte Corday s’installa avec son père chez le frère de celui-ci, Amédée de Corday, curé de Vicques auprès duquel elle apprit le latin, l’histoire, la géographie et découvrit l’œuvre de Pierre Corneille. On s’accordait à lui reconnaître de l’intelligence mais une fort mauvaise orthographe.
Faute d’avoir pu entrer à la maison de Saint-Cyr et grâce au père Gombault, ancien curé de la famille, Charlotte Corday et sa sœur Elisabeth furent admises comme pensionnaires extraordinaires (élevées aux frais de la couronne) à l’abbaye royale de la Sainte-Trinité à Caen. Leur frère aîné fut orienté vers une carrière militaire.