"L’ange de l’assassinat" inspire les artistes

Jean-Jacques Hauer, capitaine de la Garde nationale, commandant en second du bataillon de la section du Théâtre-Français avait été l’élève de David. Au cours de l’audience, il avait commencé le portrait de l’accusée. Il obtint l’autorisation de poursuivre son portrait. Charlotte Corday avait d’ailleurs manifesté son désir de laisser un souvenir à ses proches. Ce portrait aujourd’hui au musée Lambinet de Versailles fut largement copié et diffusé par la gravure en particulier.
Les graveurs du XIXe siècle s’inspirèrent aussi avec plus ou moins de bonheur, des procès-verbaux des interrogatoires décrivant le couteau dans sa gaine de cuir placée dans la gorge de la Répondante, l’éventail, le chapeau ...
Présentée comme un assassin dans les gravures qui circulèrent à l’époque, Charlotte Corday fut réhabilitée comme victime après la révolution de 1830. On l’associa à la figure principale du grand tableau de Delacroix présenté au salon de 1831, La Liberté guidant le peuple. Au cours du XIXe siècle, d’autres peintres suivirent Henry Scheffer et son Arrestation de Charlotte Corday ( Auguste Raffet, Alfred Dehodencq, Paul Baudry, Jules-Charles Aviat dont La Mort de Marat de 1880 appartient au musée des beaux-arts de Rouen, etc....
Le théâtre s’empara aussi de son histoire dès l’annonce publique de la mort de Marat mais la vérité était plus violente que la fiction . La tragédie en cinq actes de François Ponsard : Charlotte Corday, fut le véritable succès théâtral bien que Rachel en eût refusé le rôle principal. Elle fut jouée pour la première fois au Théâtre Français le 23 mars 1850.
Les peintures, les sculptures, les créations théâtrales se succédèrent nombreuses pendant tout le XIXe siècle concernant cette femme extraordinaire selon la formule utilisée par le Comité de Salut Public, l’ange de l’assassinat pour Lamartine.
Bibliographie :
Charlotte Corday, une normande dans la révolution, catalogue d’exposition, Musée Pierre Corneille, Petit-Couronne, avril-juin 1989
Sophie Fourny-Dargère
Conservateur en chef
Musée Pierre Corneille