L’artiste

L’artiste

Jeanne Forain (Paris 1865 - Le Chesnay 1954)

Jeanne Forain est une artiste complète, elle pratique la peinture, le dessin, la sculpture et notamment la sculpture de marionnettes.

Elle expose notamment au Grand Palais, à la société Nationale de Beaux-Arts (salons annuels jusqu’à nos jours), au salon d’Automne, à la galerie Charpentier fréquentée par Zola, Flaubert, Manet, Renoir… ou encore au Salon des Humoristes. Ce dernier salon regroupe deux sociétés d’artistes dont l’une est présidée par son mari Jean-Louis Forain, peintre et caricaturiste. Ce salon a été créé par l’association « la République de Montmartre », qui vise à maintenir l’esprit et l’entraide du Montmartre des artistes, en plus de l’esprit festif déjà mis en avant depuis quelques mois par la Commune libre de Montmartre, et à préserver le village des excès des promoteurs. Le Salon des humoristes est ouvert à tous les caricaturistes et dessinateurs.

Dans la veine impressionniste, elle évolue aux côtés de son mari Jean-Louis Forain, mais aussi aux côtés d’artistes comme Edgar Degas, tout en préservant son propre style.

Elle excelle dans l’art du portrait ; des portraits intimistes dévoilant ses amitiés littéraires et mondaines telles que Anna de Noailles, Séverine ou encore Mathilde Lavedan, mais aussi des membres de sa famille. Elle représente également des inconnus ; les enfants pauvres habillés grâce à la loterie, qu’elle organise lors de représentations de son théâtre des Nabots.

Le théâtre des Nabots, fondé en 1904 par l’artiste, révèle un autre aspect de son art. En 1904, Jeanne Forain rencontre sur les bords d’une route près de Deauville, une voiture de saltimbanques renversée dans un fossé. Un article paru dans Lectures pour tous de 1906 indique qu’il s’agissait d’une famille de marionnettistes en exercice depuis Louis XIV. La troupe étant réduite à la misère, Jeanne Forain rassemble les débris du petit théâtre, organise une représentation à leur bénéfice et adopte la famille et leurs marionnettes qu’elle ramène à Paris, dans son hôtel de la rue Spontini. Cette rencontre donne à Jeanne l’envie de fonder sa propre troupe de marionnettes. On installe alors un atelier dans les sous-sols de son hôtel particulier. Des ouvriers dégrossissent les blocs de tilleul, sculptent les bras et les mains. Jeanne Forain crée des moulages de tête et de corps servant de modèle pour l’exécution en bois. Ces marionnettes ont joué pour les enfants de la bonne société parisienne et plusieurs représentations ont fait l’objet de loteries de « l’œuvre de la Mère Gigogne », qui consistait à habiller un enfant pauvre. Une peinture de l’organisatrice Jeanne Forain était alors souvent le lot gagnant ; ce fut le cas pour La
jeune fille en bleu. Au total environ 200 enfants de milieu défavorisé ont été habillés
grâce à ce jeu.