L’apparition des colorants de synthèse

Jusqu’au milieu du XIXe siècle, les plantes tinctoriales fournissent l’essentiel des colorants. A Elbeuf, les teinturiers utilisent la garance, la gaude ou le noyer. Il faut attendre les années 1850 pour voir se répandre l’utilisation des premiers colorants de synthèse, comme l’aniline, la fuchsine...
La chimie devient rapidement indispensable à l’industrie de la teinture, et de grandes entreprises se créent, comme l’allemande BASF (Badische Anilin und Soda-Fabriken).

Parallèlement, les ateliers de teinture se tournent également vers la chimie, qu’ils soient spécialisés ou intégrés dans de plus vastes usines - à Elbeuf, les deux modèles coexistent. Les méthodes empiriques héritées du passé ne peuvent plus satisfaire les nouvelles exigences techniques, les pratiques se font alors plus précises et scientifiques. C’est dans ce cadre que des chimistes comme Albert Cerfon étaient recrutés par les teintureries, leurs laboratoires servant tout autant à créer de nouveaux colorants qu’à tester ceux vendus par l’industrie chimique.
Si comme auparavant on privilégie la teinture de la laine en bourre par rapport à la teinture en écheveau ou en pièce, l’arrivée massive de la chimie coïncident avec un bouleversement des modes de production. Comme pour les autres étapes de la chaîne de production textile, la mécanisation des opérations de teinture se généralise avec le développement des autoclaves, la mise au point de cuves hermétiques à haute pression ou encore la rationalisation du rinçage...

Le musée d’Elbeuf conserve un important fonds photographique témoignant des pratiques industrielles locales au XIXesiècle.