La disparition des teintureries elbeuviennes

La crise du textile des années 1960-70 touche tous les domaines liés à la fabrication du drap. A Elbeuf les teintureries de Saint Rémy ferment en 1961. Ne subsistent alors que les établissements Hue et Pellerin, qui ne peuvent à eux seuls traiter l’intégralité de la production locale. Certaines entreprises se voient donc obligées de teindre à l’extérieur de la région.
Face à la crise, certains se tournent vers de nouvelles fibres, notamment synthétiques. C’est notamment le cas des usines Blin, mais ces innovations se heurtent à l’inadéquation du matériel, plus adapté à la laine. Dernière grande entreprise elbeuvienne, Blin et Blin ferme ses portes en 1975. Le dernier atelier de teinture disparaît en 1982.
A Elbeuf, les teintureries se concentraient autour du ruisseau du Puchot et sur les bords de Seine. Ce quartier fait l’objet après guerre d’un vaste projet de réhabilitation. Les vieilles fabriques, jugées insalubres, sont rasées à partir de 1961 et font place à des immeubles d’habitations modernes. Les usines plus récentes situées sur les bords de Seine connaissent le même sort au profit d’une voie sur berge.
Les traces du patrimoine teinturier ont aujourd’hui presque entièrement disparu de la ville... Seuls subsistent un important fonds photographique et quelques vestiges difficilement identifiables pour le profane.
Bibliographie : Jean Claude Daumas, L’amour du drap, Blin et Blin, Presses Universitaires franc-comtoises, Besançon, 1999