Une comédienne adulée

En 1680, la Champmeslé devient l’une des principales sociétaires de la Comédie Française (la Comédie Française conserve d’ailleurs un portraits de Marie Desmares très proche de celui du musée) tout juste créée et entre au panthéon de ses illustres pensionnaires.
Marie Desmares, dit La Champmeslé meurt le 15 mai 1698 à Auteuil, probablement d’un cancer, après avoir consacré sa vie au théâtre.
Qu’il s’agisse de Molière, Lully, ou des frères Corneille, quelques uns des auteurs avec lesquels elle travailla, tous les critiques de l’époque sont unanimes pour reconnaître le talent de la comédienne.
Le poête Boileau l’immortalise ainsi par ces vers :
Jamais Iphigénie en Aulide immolée,
Ne coûta tant de pleurs à la Grèce assemblée
Que, dans l’heureux spectacle à mes yeux étalés,
En a fait sous son nom verser la Champmeslé.
De nombreuses lettres de Mme de Sévigné témoignent aussi de l’adhésion du public.
La pièce de Racine m’a paru belle, nous y avons été ; ma belle-fille [la Champmeslé dont le fils de Mme Sévigné était tombé amoureux] m’a paru la plus miraculeusement bonne comédienne que j’ai jamais vue : elle surpasse la Desoeillets de cent mille piques ; et moi, qu’on croit assez bonne pour le théâtre, je ne suis pas digne d’allumer les chandelles quand elle paraît. Elle est laide de près, et je ne m’étonne pas que mon fils ait été suffoqué par sa présence ; mais quand elle dit des vers, elle est adorable. Bajazet est beau. [la pièce de Racine]
Extrait de la lettre n° 83 - Mme de Sévigné à Mme de Grignan, Paris, vendredi 15 janvier 1672.
À propos de comédie, voilà Bajazet ; si je pouvais vous envoyer la Champmeslé, vous trouveriez la pièce bonne ; mais sans elle, elle perd la moitié de son prix.
Extrait de la lettre n°92 - Mme de Sévigné à la même, Paris, 9 mars 1672.