Un grand industriel elbeuvien : Victor Grandin

Victor Grandin (1797-1849) est l’héritier d’une des plus anciennes familles de drapiers elbeuviens. Déjà documentés au XVIIe siècle, les Grandin forment une véritable dynastie, dont Victor est l’un des derniers représentants.
L’ancienneté de l’entreprise familiale n’empêche pas Victor Grandin d’expérimenter et de faire preuve d’une certaine audace. Il est ainsi un des tous premiers à Elbeuf à acquérir des machines à vapeur et à laver les laines dans les eaux de la Seine, et non plus dans le maigre cours d’eau du Puchot.
Sa position de drapier influent lui permet en outre de réaliser une carrière politique au niveau national. D’abord proche de la Monarchie de Juillet, il s’en écarte ensuite pour soutenir Louis Napoléon Bonaparte. Elu conseiller municipal en 1828, il devient député en 1839, pour le maintient de l’ordre et du trône. Il se distingue notamment en 1841 en s’opposant violemment à la loi limitant le travail des enfants.
Daumier et Marx en ont tous deux laissé un portrait acerbe. Le premier dans une caricature parue dans le Charivari en 1849, le second dans La lutte des classes en France, 1848-1850, où Victor Grandin est évoqué en ces termes : « Grandin, fabricant de Rouen, l’organe le plus fanatique de la réaction bourgeoise, tant dans l’Assemblée nationale constituante que dans la Législative » .
Bibliographie : Alain Becchia, La draperie d’Elbeuf (des origines à 1870), Rouen, 2000 Pierre Largesse, « Victor Grandin (1979-1849), un manufacturier député d’Elbeuf de 1839 à 1849. Biographie, actes et paroles », Bulletin de la Société Libre d’Emulation de la Seine-Maritime, 1987, p. 1-14