Une cascade de poissons chargés de symboles religieux

Le XVIIe siècle est l’âge d’or de la nature morte, particulièrement dans les Pays du Nord. Ces natures mortes sont chargées de symboles et sont souvent appelées vanités car elles ont pour but de rappeler la fragilité et la brièveté de la vie.
Cette nature morte aux poissons est la seule connue à ce jour de Peter Boel. En effet, les natures mortes aux poissons sont une catégorie particulière et ce thème a été assez peu exploité par les peintres. Cependant, le musée de Dieppe a développé une dynamique politique d’acquisition par l’achat de natures mortes aux poissons, ce théme étant en liaison avec les collections ayant trait au monde maritime. Quelques peintres des écoles du Nord comme Joachim Beuckelaer, Van Beyeren, Alexander Adriaenssen, Pieter de Putter ou encore la dynastie italienne des Recco sont de rares artistes à s’être spécialisés dans la peinture de poissons.
Dans la salle dédiée aux natures mortes aux poissons, vous pourrez admirer quelques unes de leurs oeuvres.
Ce tableau représente un riche assortiment d’animaux marins et d’eau douce, l’accumulation étant typique de l’art flamand du XVIIe siècle. Cabillaud, truites de mer, carrelet, rougets, raie, saumon s’enchevêtrent et sont représentés de manière très réaliste, si bien que leur texture visqueuse est particulièrement bien rendue par ce peintre virtuose. La plupart des objets et des poissons sont en déséquilibre et symbolisent la fragilité de la vie sur terre et la mort qui mène à la résurrection.
Il s’agit donc d’une vanité ancrée dans la religion catholique, dominante, voire exclusive dans le monde flamand, à la différence du monde hollandais fondamentalement protestant et plus habitué à ce genre de pensée philosophique.