Rencontres à Yport

À partir de 1886, Schuffenecker fait de nombreux séjours d’été à Étretat et Yport, où il loge rue des Planches chez Dalibert, maître de bateau. Les falaises qu’il peint sur ces plages sont représentatives de l’évolution rapide de son style : des touches fragmentées et colorées des peintures à l’huile de l’année 1888, il passe bientôt à des lignes sinueuses et fluides au pastel.
A Yport, il rencontre Nunès, cousin de Pissarro, maire du village et collectionneur.
Il croise aussi Jean-Paul Laurens, grand peintre d’Histoire qui y a sa villa, et qui se montre critique à son endroit, comme une correspondance adressée par Gauguin à son vieil ami le laisse entendre :
« Vous devez rentrer de vacances avec beaucoup de bonnes études ; je suis sûr que la contradiction (de) J.-P. Laurens vous aura émoustillé... Ne vous étonnez pas si Nunès a des Pissarro, c’est son cousin, à la dernière exposition nous avons causé ensemble Pissarro, lui et moi ; donc il me connaît bien, mais Pissarro ne s’est pas empressé de lui parler favorablement de moi. » (lettre de Paul Gauguin à Schuffenecker, octobre 1887).