Mais qui est donc Suzanne Valadon ?

Marie-Clémentine, dite Maria, puis plus tard Suzanne, Valadon (1865-1938), est une femme passionnante, à la destinée peu commune, puisqu’elle fut tour à tour acrobate de cirque, modèle pour les plus grands artistes de son époque, avant de connaître elle-même le succès en tant que peintre.
Sa grande beauté, son intelligence de la peinture, ainsi que son caractère très déterminé, lui ont permis d’approcher et de comprendre des talents aussi différents que Puvis de Chavannes, Renoir, Toulouse-Lautrec, Zandomeneghi, Henner et Degas. C’est à leur contact qu’elle se forgea une culture artistique et une esthétique qui lui sont si particulières.
Puvis de Chavannes, Renoir et Toulouse-Lautrec laissent d’elle des compositions qui la font apparaître sous un jour sans cesse nouveau. De La Natte (Renoir, 1882, collection privée) à Poudre de riz(Toulouse-Lautrec, 1887, Van Gogh Museum, Amsterdam), en passant par Danse à la ville (Renoir, 1883, Musée d’Orsay) présenté ci-dessous, ce sont plusieurs facettes de cette personnalité à la vie privée tumultueuse qui sont représentées.
Son fils Maurice, né en 1883 et tardivement reconnu par le peintre et journaliste espagnol Miguel Utrillo y Morlius, connaît un succès grandissant en tant que peintre au début du XXe siècle, alors qu’elle-même, sur les conseils de Degas, s’est lancée dans la carrière en exposant en 1894 au Salon de la Société Nationale des Beaux-Arts.
Reconnue dès lors comme une artiste à part entière, elle peint et expose jusqu’à sa mort : ses œuvres se distinguent par la force de leur composition, et la vibration de leur couleur (Portrait d’Erik Satie, 1893, ou encore Adam et Eve, 1909...).