Plusieurs questions, plusieurs réponses...

S’agit-il ici d’une étude de jeune femme, faite à l’aide d’un des modèles féminins les plus demandés à Montmartre ?
Celle-ci posant pour tous les artistes montmartrois, il est plus que probable qu’elle l’ait fait également pour Steinlen, vraisemblablement entre 1884 (au moment où elle rencontre Toulouse-Lautrec) et 1894 (au moment où sur les conseils de Degas, elle se lance pleinement dans la carrière artistique).
S’agit-il d’un portrait d’une connaissance de Steinlen, dont l’artiste était coutumier ?
Il ne répondit en effet que rarement à des commandes de portraits, préférant « croquer » le visage des personnes qui composaient son univers professionnel ou familier. Il pourrait s’agir ici de portraiturer la muse de Toulouse-Lautrec, d’Erik Satie et d’autres, que l’artiste connaissait, auquel cas le portrait pourrait dater des années 1887-1893.
S’agit-il enfin d’un portrait de la jeune peintre, pour elle-même, jeune artiste qui s’intéresse comme lui à la description du petit peuple de Montmartre, et qui connaît la reconnaissance dans les années 1892-1894 ?
Ceci expliquerait l’attention portée ici sur l’expression déterminée et volontaire du modèle, proche d’un autre portrait de Suzanne Valadon par Steinlen, daté de 1896 ; l’âge de la jeune femme semble être à peu près celui du portrait de Vernon.
Faute de connaître plus précisément l’histoire de l’œuvre, cette dernière hypothèse paraît également recevable, même si la nature exacte des relations entre le discret Steinlen et la volcanique Suzanne reste à étudier...