Édouard Dubufe, Ary Scheffer, portraitistes du dernier exil

Le portrait de Louis-Philippe fait partie d’un ensemble plus important qu’Édouard Dubufe réalise lors de son séjour en Angleterre, entre 1848 et 1851. Outre les portraits peints ou dessinés de Louis-Philippe, de Marie-Amélie, l’artiste est sollicité par de riches Anglais ou par la comédienne Rachel. Cette série d’œuvres inaugure, semble-t-il, sa carrière de portraitiste, éclatante sous le Second Empire.
Tout comme Louis-Philippe, le dernier portrait de Marie-Amélie, réalisé par Ary Scheffer, est empreint d’une tristesse certaine. La sobriété de la robe et l’absence de décor tranchent avec le statut social de l’ancienne reine de France.
Quand le peintre réalise ce dernier portrait, la reine est en exil depuis près de onze ans et le roi Louis-Philippe est mort depuis huit ans. Marie-Amélie est alors âgée de soixante-seize ans.
Ary Scheffer fut le professeur de dessin de la princesse Marie, fille de Louis-Philippe et de Marie-Amélie. Un premier portrait en 1830, puis un deuxième en 1840 et enfin un dernier en 1857 montrent l’attachement du peintre à la reine. La présente toile est une des copies du tableau de 1857, conservé au Musée Condé à Chantilly, réalisées à la demande de plusieurs enfants et petits-enfants de la Reine.
Ce tableau aurait appartenu à la reine Amélie de Portugal (1865-1951), arrière-petite-fille de Marie-Amélie, puis à son frère, duc d’Orléans (1869-1926). Une autre version de ce portrait, décorait à l’époque du comte de Paris (1838-1894), le grand Salon du rez-de-chaussée du château d’Eu.